Archive | April, 2019

Journal d’une école africaine de demain: Claire Hazoumé

Janvier 2017. Je devenais l’administratrice d’une école primaire et maternelle privée, située à Cotonou. 2 rentrées, 46 collaborateurs, 500 élèves, un tympan en moins – le bruit d’une cour de récréation avoisine en décibels celui d’un réacteur d’avion au décollage -, 2 déménagements, quelques nuits blanches, et des milliards de “Tata Claire!” plus tard, je ne suis sûre que de quelques points. L’école privée n’est pas l’ennemie de l’école publique. Elle est complémentaire. Elle est laboratoire d’idées et de pratiques, qui peuvent à terme bénéficier à tous. Des ponts sont à bâtir, des projets communs à monter. D’ailleurs, et bien que les programmes “français” ou “international” semblent être des arguments commerciaux de taille, notre objectif n’est pas de déserter le programme scolaire béninois, mais d’en proposer la meilleure version, d’y intégrer des pratiques pédagogiques innovantes, tout en amorçant une réflexion collective sur les points de réforme. L’innovation pédagogique mais aussi organisationnelle est complexe, exigeante en ressources humaines, financières, matérielles et prend du temps Nous avons dans nos écoles l’opportunité de construire les citoyens de demain, et donc de participer à la réalisation d’un projet de société ambitieux. Nous devons assumer cette responsabilité, nous saisir de ce défi. Ainsi, assurer la […]

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L’école des otages de Kayes

Série “L’interprète” #9Africa4 revient sur la figure de l’interprète, du traducteur. Cet oublié de l’histoire est en réalité à la pointe des contacts entre les sociétés et un acteur essentiel de l’histoire de l’Afrique et de l’océan Indien entre le XIXe siècle et le XXe siècle. La toute première implantation d’école des otages au Soudan (Mali) est au fort de Médine bâti aux portes de l’actuelle Kayes en 1855 par les troupes de Faidherbe pour constituer une place avancé face à l’empire d’El Hadj Oumar Tall. C’est depuis cette petite emprise que se développe entre les années 1850 et 1880 la présence français dans l’actuel Mali. Selon les travaux de restauration patrimoniale de de 1997, l’école de Médine aurait ouvert ses portes en 1870. Cette école est directement inspirée de l’expérience de Faidherbe à Saint-Louis. C’est en 1886, avec Galliéni, que se développe réellement le projet d’école des otages au Soudan. Galliéni, qui a gouverné le Soudan deux ans (1886-1888), a incontestablement été le promoteur des écoles au Soudan, dans le cadre de l’administration militaire de ce territoire. Elles constituent à ses yeux un outil de conquête coloniale. Il crée l’école des otages et fils de chefs de Kayes. Il y place […]

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