Projet d’appel à communication: Mobilités en Afrique de l’ouest : Peuplement, territoires et intégration régionale

Projet d’appel à communication- Colloque UASZ

9-11 décembre 2020

Mobilités en Afrique de l’ouest : Peuplement, territoires et intégration régionale

 

L’Afrique de l’ouest est un lieu d’intenses échanges économiques, une zone de contacts et de brassages culturels, aux formes d’organisation sociale, pratiques culturelles et formations politiques (Empires du Ghana, Songhay, Kaabu…., Royaumes, Empires coloniaux, Etats-nations, confédération…), diverses et mouvantes, un espace traversé par des dynamiques historiques communes, et ce à différents niveaux d’échelle (locale, régionale, africaine, atlantique et mondiale). Le commerce transsaharien, la traite atlantique, les colonisations européennes, les troubles politiques, la dégradation des conditions économiques et environnementales dans certains pays ont intensifié les mouvements de populations et parfois contraint des communautés entières à l’exil. Les acteurs politiques, sociaux et économiques circulent, se rencontrent, échangent, s’approprient et remodèlent ainsi sans cesse cet espace. Il s’agit notamment d’interroger ce qui unit et différencie les formes, les tentatives et les possibilités d’intégration régionale (Union Ghana-Guinée, confédération sénégambienne, CEDEAO…) en dehors ou dans les cadres territoriaux imposés durant la période coloniale. L’objectif de ce colloque est d’analyser comment les mobilités, dans et au-delà de l’Afrique de l’ouest, liées à des dynamiques internes et externes, ont structuré, connecté, transformé ces espaces sociaux, culturels, économiques et politiques.

Traiter de la question des mobilités amène à s’intéresser à leur typologie, aux rapports entre groupes humains et l’espace, aux conflits et consensus qui en émanent, ou encore à la gestion des ressources naturelles…Pour discuter de ces questions, le département d’Histoire et Civilisations de l’université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) – en collaboration avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), l’Université de Stavanger (UIS) en Norvège, la Faculté de Sciences politiques de l’Université de Bordeaux, l’Institut de Recherche et de Développement (IRD), l’Institut des Relations Internationales Stratégiques (IRIS)….– a pris l’initiative de ce colloque et invite les candidats à soumettre des articles qui s’articulent autour  des thématiques ci-dessous :

Axe 1 – Mobilités, constructions et reconfigurations identitaires et territoriales

Les mobilités sont génératrices de nouveaux rapports à l’espace et ainsi de nouvelles identités. Elles contribuent à créer de nouveaux types d’espaces transimperiaux, transcoloniaux ou encore transnationaux. Elles changent le rapport que les populations ont à leur territoire d’origine. Qui circule (marchands, marabouts, soldats, élèves…) ? Quels sont les facteurs des mobilités (raisons familiales, troubles politiques, causes sanitaires, problèmes économiques et sociaux, circulations scolaires et étudiantes, désir d’ailleurs….) ? D’où partent-ils et où vont-ils ? Quels liens gardent-ils avec leur territoire d’origine ? De quelles manières les territoires sont-ils construits, appropriés et vécus ?

Axe 2 – Mobilités, changement climatique et conflits

Les mobilités en Afrique sont souvent liées à la dégradation des conditions climatiques, à la pauvreté et aux conflits qui en découlent. La surexploitation des ressources naturelles se traduit très souvent par une déforestation, une dégradation des sols et une désertification qui entrainent à leur tour l’asséchement des cours d’eaux, des nappes phréatiques et une baisse des productions agricoles. Il s’ensuit des stratégies de résilience extrêmes sous forme de déplacements massifs de populations vers des régions plus propices. Il s’agit aussi à la fois de mobilités intra et inter-régionales. Le fait entraine parfois des conflits entre les groupes en mobilité et les populations autochtones et impacte aussi sur la stabilité des États.

Axe 3 – Mobilités et pratiques socio-culturelles

Les mobilités de populations produisent de nouvelles pratiques sociales et culturelles. L’analyse des langues (créoles, apports des langues extra africaines aux langues africaines….), des pratiques socio-linguistiques (usages du wolof, du français…), des manières de vivre, des pratiques alimentaires, des pratiques vestimentaires, des productions artistiques (influences des musiques cubaines sur les musiques africaines….), des formes d’habitat, de sociabilités, des pratiques sportives (football, rugby…) doit permettre de mettre en évidence ce phénomène par lequel les mobilités spatiales créent de l’hybridation, du métissage, de la « transculturalité »…ou encore les formes de maintien et de continuité culturelles (à travers par exemple la création d’associations de ressortissants…) par delà les mobilités. Quelles sont ces nouvelles formes culturelles nées de ces mobilités ? En quels termes les penser ?

Axe 4 – Migrations en contexte esclavagiste et colonial

Les traites esclavagistes transsaharienne, africaines, qui s’intensifient avec le commerce triangulaire, les conquêtes et colonisations européennes (britannique, française et portugaise), ont généré des migrations, souvent contraintes mais parfois aussi volontaires (à l’exemple du navétanat) au sein ou au-delà de l’espace ouest africain. Dans le cadre de cet axe, il s’agira de réfléchir aux différentes formes de migrations forcées liées aux traites des esclaves et à la colonisation (travail forcé, recrutement militaire…) et à leur impact sur le peuplement et les territoires. Cette thématique peut être également abordée sous un autre angle, rendant compte des dynamiques internes des sociétés africaines, de leurs stratégies d’adaptation et de résistance à l’emprise européenne. Ainsi, les « zones refuges » abritant les peuples fuyant les razzias et la captivité s’affirment au fil du temps comme de nouvelles entités politiques ainsi que comme des foyers religieux et/ou culturels parfois rayonnants. Le partage colonial, quant à lui, permet aux populations frontalières de se soustraire à l’oppression exercée par la puissance européenne de tutelle en s’exilant dans des colonies étrangères limitrophes jugées plus « accueillantes ».

Modalités de soumission des propositions de communications

  • Résumé d’au maximum 300 mots avec 5 mots-clés
  • Titre et grade du communiquant
  • Institution d’affiliation du communiquant

Les résumés des propositions de communication peuvent être envoyés au plus tard le 30 Juin 2020 aux adresses suivantes : colloquehistoireuasz2020@gmail.com, ml.manga@univ-zig.sn

Les communications retenues seront notifiées au plus tard le 31 Juillet.

Frais d’inscription au colloque : 100 Euros, soit 65 000 FCFA.

Lieu : Université Assane Seck de Ziguinchor (USASZ)

Comité scientifique

  • Pr Ousseynou Faye, historien, UCAD, Dakar
  • Pr Ibrahima Thioub, historien, UCAD, Dakar
  • Pr Kétil Fred Hansen, historien, Université de Stavanger (UiS)
  • Pr Vincent Foucher, politiste, LAM, Bordeaux
  • Pr Momar-Coumba Diop, sociologue, UCAD, Dakar
  • Pr Mamadou Diouf, historien, Université de Columbia
  • Pr Cheikh Mouhamadou S. Diop, UASZ, Ziguinchor
  • Pr Eugène Tavares, UASZ, Ziguinchor
  • Pr Jérôme Lombard, Géographe, IRD, Paris
  • Dr Séverine Awenengo, historienne, IMAF, Paris
  • Pr Odile Journet Diallo, anthropologue, IMAF, Paris
  • Pr Mamadou Fall, historien, UCAD, Dakar
  • Pr Moustapha Sall, archéologue, UCAD, Dakar
  • Dr Doudou Guèye, sociologue, UASZ, Ziguinchor
  • Dr Aly Tandian, sociologue, UGB, Saint Louis
  • Dr Mouhamadou Nissire Sarr, historien, UCAD, Dakar
  • Pr Jean Claude Marut, géopolitologue, Paris VIII
  • Dr Ndiémé Sow, sociolinguiste, UASZ, Ziguinchor
  • Dr Daouda Diop, historien, UCAD, Dakar
  • Dr Abdou Karim Tandjigora, historien UCAD, Dakar
  • Pr Etienne Smith, politiste, LAM, Bordeaux
  • Pr Anne Mayor, archéologue, UNIGE, Genève
  • Pr Hamady Bocoum, archéologue UCAD, Dakar
  • Dr Adrien Ndiouga Benga, historien, UCAD, Dakar
  • Pr Sylvie Bredeloup, LPED, IRD, Paris
  • Pr Tarik Dahu, socio-anthropologue, IRD, Tunisie
  • Pr Papa Sakho, géographe, UCAD, Dakar
  • Dr Celine Labrune Badiane, historienne, Paris VII
  • Dr Caroline Roussy, historienne-géopolitologue, IRIS, Paris

Initiateur du colloque : Mohamed Lamine Manga

Comité organisateur

Pr Mouhamadou Cheikh Soumoune Diop, UASZ, Ziguinchor

Pr Eugène Tavares, UASZ, Ziguinchor

Dr Mohamed Lamine Manga, UASZ, Ziguinchor

Dr Philippe Méguelle, UASZ, Ziguinchor

Dr Djibril Thiam, UASZ, Ziguinchor

Dr Céline Labrune Badiane, histoire, CESSMA, Paris VII

Dr Ndiéme Sow, UASZ, Ziguinchor

Dr Daouda Diop, UCAD, Dakar

Abdou Karim Tandjigora, UCAD, Dakar

Dr Ibrahima Mamour Ndiaye, UASZ, Ziguinchor

Dr Alpha Oumarou Ba, UASZ, Ziguinchor

Dr Benoît Tine, UASZ, Ziguinchor

 

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