Le Conseil présidentiel pour l’Afrique, outil controversé du « soft power » d’Emmanuel Macron

Le chef de l’Etat s’appuie sur ce cercle hétéroclite pour capter les attentes des nouvelles élites économiques et culturelles du continent. Quinze mois après sa création, le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), censé incarner le renouveau de la relation entre la France et le continent, reste un objet difficile à cerner. Est-ce pour parer au risque de voir cette structure née de la volonté d’Emmanuel Macron perçue comme une coquille vide ? Cet été, elle a été dotée d’un budget de 100 000 euros, d’un secrétaire général, et un communicant a même été recruté pour rendre son action plus lisible. Vendredi 30 novembre, dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique), qui l’héberge, le CPA fera son premier bilan. Un an après le discours prononcé par le chef de l’Etat à l’université de Ouagadougou pour livrer sa vision du continent, du rôle de la France et fixer quelques grands engagements. Le conseil y avait imprimé sa patte et il ne manquera certainement pas de le rappeler alors que l’Elysée vient d’annoncer la restitution au Bénin de 26 œuvres d’art accaparées pendant la période coloniale. Le retour du patrimoine spolié à l’Afrique faisait partie des promesses les plus fortes du discours […]

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Arts : premières restitutions d’œuvres d’art au Bénin

Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 23 novembre, que 26 œuvres seront rendues. A l’occasion de la remise du rapport des universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr consacré à la restitution à des Etats africains d’objets pris durant la période coloniale, Emmanuel Macron a annoncé, vendredi 23 novembre, sa volonté de restituer « sans tarder » 26 œuvres réclamées par le Bénin. Il s’agit des trois statues des rois d’Abomey, de trônes et portes ornées, œuvres de bois polychromes, et de la statue du dieu Gou, assemblage de pièces de métal d’origine européenne. Emportées en 1892 par le colonel Alfred Amédée Dodds et le capitaine Eugène Fonssagrives après leur victoire sur le roi Béhanzin, elles furent données par eux au musée du Trocadéro à Paris. D’une évidente importance historique et symbolique pour le Bénin, ces œuvres d’art avaient fait l’objet d’une demande de restitution officielle en 2016, écartée par Jean-Marc Ayrault, alors ministre des affaires étrangères, au nom de l’inaliénabilité des collections nationales. Leur maintien au Musée du quai Branly paraissait néanmoins impossible à plus ou moins long terme. Cette première restitution suppose des modifications législatives, du type peut-être de celles que propose le rapport. Sur ce point, aucun élément de réponse n’est […]

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