Beyond the post(-)colonial?/ Au-delà du post(-)colonial? Workshop Report and Podcast (1/4)

Presentation:

Beyond the post(-)colonial?

More than fifty years have passed since decolonisation was achieved in most of the former colonies of the European colonial powers. During that time, a substantial body of critical work has been produced under the rubric of ‘postcolonial theory’, which has in turn been the subject of extensive debate and critique. The reception and influence of this postcolonial ‘turn’ has also varied widely between academic disciplines and between countries, with France often viewed as an outlier in comparison to developments in the United States and Britain. The current conjuncture of political and social upheaval seems an appropriate moment to take stock and to ask a series of questions. Does the postcolonial framework of analysis still provide a useful set of concepts for the understanding of the modern world? Or have the flaws in this theoretical corpus now definitively outweighed the insights it facilitated? Has history now moved on in different directions requiring radically new interpretative approaches (e.g. global, decolonial)? How will European colonial imperialism and its demise be viewed in a longer historical perspective? How do these questions impinge on the understanding, not just of the European past in its relations with the rest of the world, but also of potential future(s) for Europe?

Au-delà du post(-)colonial?

Plus d’un demi-siècle a passé depuis la décolonisation de la plupart des territoires colonisés par des puissances européennes. Cette période a été marquée par la création et la publication d’un corpus important qu’on a pu catégoriser sous le nom de la ‘théorie postcoloniale’, un corpus qui a été l’objet de nombreux débats et critiques par la suite. De même, la réception et l’influence du phénomène ‘postcolonial’ n’ont pas été les mêmes selon les disciplines scientifiques ou les contextes nationaux, et à cet égard la France est souvent décrit comme un cas à part en décalage par rapport aux Etats-Unis et au Royaume Uni. La conjoncture actuelle, avec ses sursauts sociaux et politiques, nous semble le moment de tenter un bilan et de poser un certain nombre de questions. Cet appareil théorique peut-il toujours fournir des concepts et des outils qui restent valables pour ceux qui veulent comprendre le monde actuel ? Le bilan de ces innovations théoriques reste-t-il plutôt positif ? Ou les faiblesses de cette théorie se sont-elles avérées plus importantes que les découvertes qu’elle aurait facilitées ? L’histoire elle-même a-t-elle évolué dans des sens différents, exigeant des approches interprétatives radicalement différentes (par exemple, histoire globale ou décoloniale) ? Comment penser aujourd’hui la colonisation européenne et sa fin, dans une perspective historique plus longue ? Quels sont les enjeux de ces débats, non seulement pour une nouvelle analyse des rapports historiques de l’Europe avec le monde plus large, mais aussi pour des perspectives ouvrant sur l’avenir, ou les avenirs, de l’Europe ?

Event report:

This workshop brought together colleagues from several universities in the UK and France for a discussion and exchange around current directions in postcolonial theory, the history of decolonization and academia’s relationship to wider social issues around anti-racism, cultural diversity and discrimination. At the same time, the occasion was a celebration of the career of our distinguished colleague Margaret Majumdar and her appointment as professor emeritus at the University of Portsmouth.

The event was generously supported by the Leverhulme Trust and the Centre for European and International Studies Research (CEISR). Participants included UoP staff and PhD students from SLAS and SSHLS, members of the Francophone Africa and CRaB clusters, alongside academics from the Universities of Westminster, South Wales, Lyon (France), Chichester, and University of West England. The format of the event was three panels with short opening contributions followed by a wider discussion: the three panel themes were ‘The remaking of France? New histories of decolonisation’; ‘Theorising postcoloniality in cultural and literary studies’ and ‘The postcolonial beyond academia’. Each panel and Q&A lasted around 90 minutes. The workshop concluded with an open roundtable discussion that brought out a number of key themes, including the importance of different national academic and public contexts in determining the reception of postcolonial theory; the challenges of engaging with, and putting academic research in the service of, wider societal debates on racism, power and representation; the ongoing challenge of opening up academic forums to researchers from the global South.

Podcast: The three panel sessions and discussions were recorded and have been edited into three podcasts which will be posted to the blog over the coming days.

 

CFP: La France en guerre dans le second XXe siècle. Représentations et mémoires contemporaines, 2000-2017

Appel à contribution
Journée d’étude – Sorbonne, 19 octobre 2018

En 2017, à respectivement 70 ans de la Seconde Guerre mondiale et 50 ans de la guerre d’indépendance algérienne, on peut être surpris par l’effervescence mémorielle qui, en ce début du XXIe siècle, rend présents, de façon inégale selon les conflits – trop de mémoire ici, pas assez là –, ces événements. L’héritage de ces passés, loin de concerner seulement l’histoire militaire, témoigne de l’évolution du regard à la fois historiographique et sociétal sur ces conflits, appréhendés par ailleurs de façon de plus en plus différentielle selon les générations impliquées.

Le 18 juin 1960, le général de Gaulle inaugure le Mémorial de la France combattante au mont Valérien, le 25 janvier 2005 le Mémorial de la Shoah est inauguré à Paris par le président Jacques Chirac tandis que le 16 octobre 2015, le premier ministre Manuel Valls inaugure le Mémorial du camp de Rivesaltes. Entre ces dates, la perception et la mémorialisation de la Seconde Guerre mondiale connaissent une évolution marquante : à la célébration de la mémoire de la résistance succède celle de la mémoire de la déportation au prisme d’un « devoir de mémoire » centré sur l’extermination des Juifs d’Europe tandis que, plus récemment, la crise des mémoires nationales héroïques génère une mémoire plurielle du second conflit mondial. De son côté, la guerre d’indépendance algérienne, qui fut longtemps une « non guerre », reste encore à la marge des politiques mémorielles qui tardent à lui assurer un régime de commémoration. Contrairement aux mémoires plurielles mais désormais consensuelles de la Seconde Guerre mondiale – de la Première d’ailleurs aussi –, cette mémoire encore fortement conflictuelle illustre la difficulté qu’a la société française, dans un contexte postcolonial, à accepter la pluralité des expériences guerrières.

Dans cette configuration, la journée d’étude invite à interroger les représentations – symboliques, politiques, architecturales, artistiques… – que ces conflits passés nourrissent depuis le début du XXIe siècle et à mettre en évidence des dynamiques mémorielles qui investissent l’espace public.

La manifestation prévue pour l’automne 2018 se place résolument dans le temps de la mémoire récente, à compter de l’an 2000.

Objets d’étude de la journée

Un premier objet d’étude portera sur les mémoriaux récemment ouverts en tant que « hauts-lieux de mémoire française ». Quelles sont les spécificités de ces différents mémoriaux sur les conflits du second XXe siècle impliquant la France ? Dans quelle mesure la genèse et la réalisation du mémorial traduisent-elles un consensus ou au contraire une vision encore conflictuelle autour de la mémoire de l’événement ? Cet axe s’intéressera également aux appropriations des mémoriaux, à leurs usages « vernaculaires » et, consécutivement aux mémoires, notamment envisagées à partir d’une perspective « vue d’en bas ».

Un second objectif de la manifestation sera de proposer une réflexion sur la/les manière(s) dont ces conflits – selon des durées, des modalités et des enjeux qui leur sont propres – marquent les créations plastiques contemporaines, mais aussi sur la/les manières dont les créations contemporaines sont des marqueurs de la mémoire. Dans quelle mesure la mémoire des conflits retenus se trouve-t-elle – en ce début du XXIe siècle – dans le travail d’artistes contemporains ? Plus fondamentalement, comment aborder aujourd’hui, en tant qu’artiste, la question de la représentation de la mémoire de la guerre et des guerres du second XXe ?

Un troisième axe de la manifestation s’intéressera au temps politique des représentations telles qu’elles ressortent des prises de parole politiques lors des inaugurations et des cérémonies commémoratives. Quelles lectures peuvent en être faites ? En quoi le temps court du politique intègre-t-il dans le très contemporain, autant qu’il peut l’instrumentaliser, la mémoire des guerres d’hier – mais aussi de la guerre en général ?

Axes de réflexion de la journée d’étude

I) Mémoriaux de guerre comme lieux de mémoire
– Comment se pense la représentation de la guerre (passée) au temps présent ?
– Quelle est la stratégie mémorielle adoptée ?
– Dans quelle mesure les mémoriaux récemment ouverts adoptent-ils une forme/enveloppe particulière (architecturale, scénographique, didactique…) qui contribue à ce qu’ils soient porteurs de nouvelles représentations de la mémoire ?

II) Mémoire des guerres et productions plastiques contemporaines
(2000-2017)
– Dans quelle mesure la mémoire des conflits du second XXe siècle inspire-t-elle depuis l’an 2000 le travail d’artistes ? En quoi le travail plastique de ces artistes s’inscrit-il dans des cycles de mémoire ?
– En quoi les œuvres d’art contribuent-elles elles-mêmes à faire évoluer les représentations du champ mémoriel des conflits du second XXe siècle ?
– Comment la création artistique contemporaine aborde-t-elle la question de la représentation de la mémoire de la guerre ?

III) Guerres d’hier, inaugurations d’aujourd’hui
– Quelles lectures des représentations des guerres d’hier mais aussi de la guerre en général peuvent être faites à partir des discours d’inauguration des mémoriaux ou des discours prononcés lors de commémorations ? Quel est le degré d’intégration de la recherche historique ?
– En quoi les discours d’inauguration font-ils événement : acteurs, destinataires, échelles (locale, nationale, européenne) ?
– En quoi la diversité des publics et les attentes sociales influencent-elles le discours produit ?

Fonctionnement de la journée d’étude

La manifestation aura lieu en Sorbonne. Pour les participants, les frais de déplacement et d’hébergement seront pris en charge en tout ou partie. Les panels se dérouleront en deux parties : les thématiques seront d’abord abordées par des acteurs du champ, invités (directeurs de mémoriaux, architectes, artistes, politiques …), puis dans un deuxième temps par les interventions retenues. Les interventions seront de 15 mn.

Calendrier

12 mars 2018 : Date-limite de réception des propositions de communication
15 avril 2018 : Réponse aux propositions de communication
19 octobre 2018 : Journée d’étude

Format des propositions de communication

Les propositions de communication ne doivent pas excéder les 300 mots. Elles comporteront : nom et prénom, rattachement institutionnel (si existant), courriel, titre de la communication, court CV (2 pages maximum).
Contact : memoirescontemporaines@gmail.com

Comité d’organisation

Anne Bernou (anne.bernou@orange.fr)
Andrea Brazzoduro, University of Oxford (andrea.brazzoduro@sant.ox.ac.uk)
Fabien Théofilakis, Université de Paris I Panthéon Sorbonne (fabien.theofilakis@paris1-univ.fr)

Comité scientifique

Alya Aglan, Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Annette Becker, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense
Raphaëlle Branche, Université de Rouen
Corine Defrance, CNRS – Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Laurence Bertrand Dorléac, Sciences Po Paris
Thierry Dufrêne, Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, INHA
Robert Gildea, University of Oxford
Itzhak Goldberg, professeur émérite, Université Jean Monnet, Saint-Étienne
François-Xavier Nérard, Université de Paris I Panthéon Sorbonne
Natalya Vince, Université de Portsmouth et EC H2020 Marie-Sklodowska Curie Global Fellow

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