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Que fait l’armée française au Tchad ?

Les bombardements de l’opération «antiterroriste» Barkhane menée par l’armée française s’inscrivent dans la longue histoire des ingérences dans cette ancienne colonie. Une aubaine pour le président Idriss Déby. Entre le 3 et le 6 février, l’armée française a bombardé une colonne de rebelles tchadiens qui avaient quitté leur base arrière en Libye et s’enfonçaient en territoire tchadien. L’état-major de l’armée a communiqué sur ces frappes menées par des Mirage 2000, appuyés par un drone Reaper. Les autorités tchadiennes se sont félicitées de la coopération entre les deux armées et de la «neutralisation» des rebelles. On ignore le nombre de victimes : il n’y a pas de journalistes dans la zone des bombardements. Le plus important déploiement français Ces frappes n’ont rien d’exceptionnel si l’on considère l’histoire longue des ingérences dans cette ancienne colonie française. Le Tchad est le pays d’Afrique qui a connu le plus grand nombre d’interventions militaires depuis l’indépendance. Les formes et les justifications de la présence militaire française ont certes changé. Dans les années 60 et 70, les Français menaient une véritable guerre contre-insurrectionnelle contre les troupes du Front de libération nationale du Tchad (Frolinat). Les opérations extérieures qui se sont ensuite succédé ont privilégié des moyens aériens. En dépit des changements de contexte […]

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Conflits dans le Sahara : des dynamiques locales occultées par le mirage du djihad global

Depuis 2013, la France a engagé une véritable guerre contre le terrorisme en Afrique, en l’occurrence dans une partie de la bande sahélo-saharienne qui va du Tchad jusqu’à la Mauritanie. La menace est présentée comme globale face à des groupes djihadistes affiliés ou en lien avec les deux principales franchises mondiales, à savoir Al-Qaïda et l’État islamique (Daech). Malgré l’ensablement du conflit, le principe d’un engagement militaire n’est donc pas contesté et fait l’objet d’un relatif consensus au sein de l’opinion publique et de la classe politique en France. Le contraste est saisissant. Lors de la première crise du Golfe en 1991, des Français étaient descendus dans la rue pour manifester contre l’intervention militaire des États-Unis au Koweït. L’Élysée avait ensuite pris officiellement position contre Washington au moment de l’invasion de l’Irak en 2003. Read more Sent by Edouard Bustin Article originally published on The Conversation

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